La revue l’École Numérique propose dans son dernier numéro une interview de Pascal Boyries, IA-IPR d’histoire-géographie. Ce membre fondateur des Clionautes y livre un état des lieux de l’utilisation des TICE dans les salles de classe, et partage ses recommandations, de nature pédagogique et institutionnelle, pour une meilleure utilisation. Vous trouverez ici une synthèse détaillée de cet entretien, ainsi que la vidéo de l’interview en plusieurs parties.
Selon Pascal Boyries, les TICE “n’ont pas révolutionné les pratiques des professeurs“, mais se sont intégrées dans leurs méthodes d’enseignements, qu’elles soient magistrales ou individualisées. Il regrette que l’utilisation des TICE en France soit freinée par une vision axée bien plus sur la maîtrise de la technique que sur son utilité pédagogique, alors que désormais les notions de bases sont connues des enseignants. Les TICE représentent donc un outil intéressant pour toutes les matières, mais leur usage doit rester concentré sur “un objectif très précis”.
Au gré des visites de classes qu’il effectue en sa qualité d’IA-IPR, Pascal Boyries a pu observer que “90 à 95% des professeurs utilisent les TICE à un moment de leur année”, mais que leur usage n’est pas toujours pertinent, de nombreuses possibilités offertes par les TICE restant inexplorées. Il recommande donc un questionnement en amont, plutôt qu’en aval, de l’usage de ces nouvelles technologies dans un cadre scolaire : à l’aide d’exemples concrets, chaque enseignant est invité à se demander ce que les TICE lui apporteront en termes pédagogiques, dans la réalité quotidienne de la salle de classe. Les ressources TICE, quels que soient les supports sur lesquels elles s’appuient, doivent permettre de travailler sur une compétence ciblée par le cours, grâce à une véritable ligne pédagogique mise en place par l’enseignant.
En sa qualité d’IA-IPR d’histoire-géographie, Pascal Boyries s’intéresse de plus près aux outils TICE mis à disposition des professeurs de cette matière. Peu d’outils sont développés spécifiquement pour les cours d’histoire-géographie, car les enseignants utilisent des logiciels de la vie courante (traitement de texte, imagerie, diaporama, etc.), des sites administratifs, et des ressources en lignes. Selon M. Boyries, la formation aux TICE des professeurs de géographie se restreint à l’acquisition de compétences techniques, sans véritablement mettre en avant “ce que peuvent apporter les TICE en classe”.
L’accent est également mis sur le rôle d’impulsion des IA-IPR en matière d’usage des TICE. Grâce à sa compétence d’analyse et à une vue d’ensemble de la pratique des TICE en classe, l’IA-IPR intervient dans une double dynamique : en diffusant les informations institutionnelles en provenance du Ministère, il joue un rôle de conseil auprès du corps enseignant. Inversement, il nourrit son analyse des retours d’expérience des professeurs, qu’il communique à l’Inspection générale. Dans cette optique, la définition d’un projet disciplinaire d’établissement, intégrée dans une politique disciplinaire académique TICE, pourrait constituer une nouvelle attribution des IA-IPR.


